Parlons peu, parlons sérieux… sur un sujet trop tabou…le viol

Bonjour
Suite à un article partagé sur fb, j’ai eu envie de rebondir (boing boing, je met un peu d’humour, je fais ma maligne, car je sais que je vais pleurer… je recule le moment où je vais taper ces mots… peut-être ça me fera du bien par la suite…)

Ça me révolte vraiment cette honte que peuvent avoir les victimes de viol (violence en général d’ailleurs) alors que c’est les bourreaux (le mot est choisi)  qui devraient la porter…
Homme, Femme, encore plus malheureusemt enfant, on a ce point commun,  une partie de soi, de dignité, d’intégration volé à jamais…
Les relations aux autres sont transformés… ton « jugement », « ressenti » face aux autres aussi…
J’en sais d’autant plus que j’en ai été victime, et que je me suis tut…
Peu de gens le savent…
J’aime à dire, à ces personnes, dans une autre vie… Mais les cicatrices sont là, à jamais.
Il y a 18 ans, j’avais cet âge même, et j’ai vécu au sein de mon foyer, par mon fiancé, de la maltraitance physique et psychique, je n’etait pas battu en tant que tel (tiens encore des excuses?), non, fallait certainement pas que ça se voit, non, juste poussé dans les escaliers, tiré par les cheveux, séquestré, rabaissé, espionné pour le peu que je sortais et aussi violé…
J’ai rien dis, pensez-vous, nous vivions dans un petit village, on m’aurait pas cru…
Lui même me disait c’est pas du viol, « nous sommes fiancé »…
Dès que j’ouvrais la bouche s’était « tait toi tu dis que des conneries », j’ai fini par le croire…
Et pendant pas mal d’années…
Je devenais folle… je me suis fais peur… je me cachais derrière ma machine à laver le linge, à me balancer comme une autiste… enfermé dans la salle de bain, à attendre que ses crises passent…
Et un matin, je suis partie, avec stratagème, pensez-vous, on ne quitte pas quelqu’un comme ça… Il y a eu d’autres histoires… J’ai fui à Paris… 4-5 ans après, il a retrouvé où, j’habitais, ma contacté via tél fixe, me décrivant mon immeuble… toujours la même phrase, « je ne t’ai pas fais de mal, non étions fiancé… », Heureusement je déménageait peu de temps après, j’ai fais couper ma ligne direct après son coup de tél…
J’ai eu du mal à revivre avec quelqu’un (12 ans après…), j’ai même été très méchante avec la gente masculine, et puis j’ai compris grâce à des amoureux qu’une autre relation est possible, ce qu’est l’Amour mais des séquelles persistent…
Il fut mon premier « amour », la séquelle la plus prononcée est le manque de confiance en moi.
En ne disant rien, il a gagné, il croit en la légitimité de ses actes…
Et moi je vis toujours avec ce traumatisme, cette honte et en plus j’en veux à moi-même (le pire sûrement) alors parlez, avant qu’il soit trop tard………C’est vraiment le message, que je veux faire passer, qu’ils soient punis, car le silence, c’est notre prison…
image

p.s : Merci à Maman la bricole pour cette illustration que je voulais personnelle, pas trouvé sur le net, merci d’avoir compris ce que je voulais au delà de mes mots…

 

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8 réflexions sur “Parlons peu, parlons sérieux… sur un sujet trop tabou…le viol

  1. Nous sommes en 2014, et cela reste un sujet tabou, beaucoup restent enfermés avec leurs cicatrices, cette partie d’eux même qui s’est éteinte, le jour du drame, ou les années ou ils/elles ont subis des maltraitances..La notion de devoir conjugale a été revue, le viol au sein d’un couple commence à sortir de l’ombre, les victimes ils/elles ont toujours du mal à en sortir…
    Courageux d’aborder ce thème bravo à toi

    Aimé par 1 personne

  2. Oh comme je trouves cela difficile …la gorge me serre, les larmes montes…les mots me manque…tu n’es et tu ne seras jamais la coupable de ces gestes de ses paroles…ne t’en veux pas… Je t’embrasse 😘

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  3. Je trouve très courageux de ta part de nous raconter ton histoire surtout que ça devait être très dur de t’exprimer ainsi. J’espère que d’autres suivront ton exemple.

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  4. J’ai fait un mémoire sur ce thème, et je ne l’ai volontairement pas défini par « violence conjugale » mais par « maltraitance conjugale » : et je vois une lourde différence dans le choix de termes.
    Le but de mon travail était avant tout une contribution à la reconnaissance des violences psychologiques : de la force de l’emprise, de la destruction de l’identité, de la mise sous silence…

    Voilà, c’est juste pour dire que cela fait une personne de plus parmi toutes celles qui soutiennent les victimes, et qui reconnaissent leur légitimité. Et je sais que cela est une libération.

    La honte, l’humiliation.. elles sont là. Mais garde en tête qu’elles sont légitimes. C’est le plus important.
    En te souhaitant bon courage, et en te félicitant pour avoir vaincu le silence !

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